# Le stripping dentaire : une technique douce pour libérer de l’espace

Dans le domaine de l’orthodontie moderne, la quête du sourire parfait passe souvent par des techniques innovantes et peu invasives. Le stripping dentaire, également appelé réduction amélaire interproximale ou IPR (Interproximal Reduction), s’impose aujourd’hui comme une solution élégante pour résoudre les problèmes d’encombrement dentaire sans recourir à l’extraction. Cette procédure, qui consiste à retirer une fine couche d’émail entre les dents, représente une avancée majeure dans les traitements orthodontiques contemporains. Avec l’essor des aligneurs transparents et des technologies numériques, le stripping connaît un regain d’intérêt et s’intègre désormais dans des protocoles de traitement sophistiqués et prévisibles. Comprendre cette technique devient essentiel pour quiconque envisage un traitement orthodontique ou souhaite optimiser l’esthétique de son sourire.

Qu’est-ce que le stripping dentaire ou réduction amélaire interproximale

Le stripping dentaire constitue une intervention orthodontique précise qui modifie la morphologie des dents en réduisant leur largeur mésio-distale. Cette technique s’appuie sur une compréhension approfondie de la structure dentaire, notamment de l’épaisseur de l’émail qui varie généralement entre 1 et 2 millimètres selon les zones de la dent. L’objectif principal consiste à créer un espace calculé entre les dents adjacentes, permettant ainsi leur repositionnement sans compromettre leur intégrité structurelle. Les études cliniques démontrent que cette procédure peut générer jusqu’à 8 millimètres d’espace total sur une arcade dentaire, offrant ainsi une alternative viable aux extractions dentaires dans de nombreux cas cliniques.

Définition technique du stripping en orthodontie moderne

La réduction amélaire interproximale se définit comme l’enlèvement contrôlé et mesuré d’une couche superficielle d’émail au niveau des surfaces proximales des dents. Cette procédure s’effectue dans une zone où l’émail présente naturellement une usure physiologique au fil du temps. Les orthodontistes utilisent des instruments spécialisés pour retirer entre 0,2 et 0,5 millimètres d’émail par surface interdentaire, tout en respectant scrupuleusement les limites biologiques de sécurité. Le protocole exige une évaluation radiographique préalable pour mesurer précisément l’épaisseur d’émail disponible et garantir que la dentine sous-jacente reste protégée. Cette approche scientifique permet d’optimiser les résultats tout en préservant la santé dentaire à long terme.

Différence entre stripping, disking et reprofilage interproximal

Bien que ces termes soient souvent utilisés de manière interchangeable dans la pratique clinique, ils présentent des nuances techniques importantes. Le stripping fait référence à l’utilisation de bandes abrasives manuelles pour réduire l’émail, tandis que le disking implique l’usage de disques rotatifs diamantés montés sur contre-angle. Le reprofilage interproximal, quant à lui, désigne une approche plus globale qui inclut non seulement la réduction de l’émail mais également le remodelage esthétique du contour dentaire. Chaque méthode présente des avantages spécifiques : le stripping manuel offre un contrôle tactile supérieur, le disking permet une réduction plus rapide sur les dents postérieures, et le reprofilage complet amé

le permet de redéfinir les points de contact et d’harmoniser les bords incisifs. En pratique clinique, ces différentes appellations recouvrent donc un continuum de gestes ayant tous le même objectif : gagner de l’espace orthodontique tout en améliorant la forme et l’esthétique des dents.

Indications cliniques du stripping dans le traitement orthodontique

Le stripping dentaire est particulièrement indiqué dans les cas d’encombrement dentaire léger à modéré, généralement compris entre 2 et 8 mm par arcade. Dans ces situations, la réduction amélaire interproximale permet d’éviter des extractions prémolaires tout en assurant un alignement dentaire stable et fonctionnel. Il est également indiqué en cas de disproportion dento-dentaire (discrepance de Bolton), lorsque la taille relative des dents maxillaires et mandibulaires ne permet pas une occlusion harmonieuse sans réduction sélective de certaines dents.

Sur le plan esthétique, le stripping est couramment utilisé pour corriger les formes dentaires triangulaires responsables des triangles noirs interdentaires après alignement. En remodelant légèrement les faces proximales, l’orthodontiste peut paralléliser les bords des dents, densifier les points de contact et favoriser le comblement papillaire. Cette technique s’adresse enfin aux patients adultes dont la possibilité d’expansion squelettique est limitée, notamment dans le cadre de traitements par aligneurs transparents où l’on souhaite minimiser les mouvements radiculaires excessifs.

Mesure de l’émail disponible et limites biologiques de la technique

La clé d’un stripping dentaire sûr réside dans l’évaluation précise de l’épaisseur d’émail disponible. Avant toute réduction amélaire interproximale, le praticien analyse les radiographies (rétroalvéolaires, panoramique, parfois cone beam) afin d’estimer la marge de sécurité entre la surface externe de l’émail et la dentine. L’objectif est de ne jamais dépasser la limite biologique au-delà de laquelle l’intégrité pulpaire ou la résistance mécanique de la dent pourraient être compromises. En règle générale, la littérature recommande de retirer au maximum 0,25 mm par face proximale antérieure et jusqu’à 0,3–0,4 mm par face proximale postérieure, en fonction de la morphologie dentaire.

Il est important de garder à l’esprit que l’émail ne se régénère pas : chaque micron retiré doit donc être justifié et planifié. C’est pourquoi de nombreux praticiens ont recours à des jauges d’épaisseur calibrées et à des systèmes de strips gradués permettant un contrôle millimétré de la quantité d’émail enlevée. Les dents présentant une hypominéralisation, des fissures, des restaurations proximales étendues ou une forte usure préexistante constituent des contre-indications relatives, voire absolues, à la réduction amélaire interproximale. Dans ces cas, d’autres stratégies de gain d’espace seront privilégiées.

Protocole clinique et instrumentation pour le stripping dentaire

Le stripping dentaire moderne s’appuie sur un arsenal d’instruments spécialisés permettant d’adapter la technique à chaque situation clinique. Du simple strip abrasif manuel aux systèmes motorisés sophistiqués, le choix de l’instrumentation conditionne à la fois la précision du geste, le confort du patient et la qualité de la surface amélaire obtenue. Un protocole rigoureux, standardisé et reproductible est indispensable pour intégrer la réduction amélaire interproximale dans les plans de traitement orthodontiques contemporains.

Strips abrasifs diamantés versus fraises interproximales komet

Les strips abrasifs diamantés représentent l’outil historique du stripping dentaire. Ces lamelles souples ou semi-rigides, recouvertes de particules abrasives, sont passées manuellement entre les dents pour réduire progressivement l’émail. Leur principal avantage réside dans le contrôle tactile qu’ils offrent : le praticien ressent finement la résistance de l’émail et peut adapter instantanément la pression exercée. Les strips abrasifs sont particulièrement appréciés dans le secteur antérieur, pour les incisives et canines, où la précision esthétique est primordiale.

Les fraises interproximales, comme celles proposées par Komet, se montent sur contre-angle et permettent une réduction plus rapide et plus homogène sur de larges surfaces, notamment en secteur postérieur. Ces fraises diamantées de faible diamètre sont conçues pour s’insérer dans les espaces interdentaires sans traumatiser la gencive, à condition de respecter un angle d’attaque contrôlé et d’utiliser une irrigation abondante. Elles sont souvent employées après une première ouverture du point de contact réalisée au strip manuel, afin de lisser et calibrer l’espace obtenu. En pratique, de nombreux orthodontistes combinent strips et fraises interproximales Komet pour profiter des avantages complémentaires de chaque système.

Système IPR intensiv et strips manuels orthometric

Les systèmes d’IPR (Interproximal Reduction) dédiés, tels que la gamme Intensiv, ont largement contribué à la standardisation du stripping dentaire. Ils proposent des strips montés sur mandrin ou sur contre-angle, avec différents niveaux de granulométrie (coarse, medium, fine) et des épaisseurs calibrées (0,1 mm, 0,2 mm, 0,3 mm, etc.). Cette gradation permet de programmer la réduction amélaire comme on programmerait un polissage en plusieurs passes, en sachant précisément combien de microns sont retirés à chaque étape. L’ergonomie des supports limite les risques de dérapage et facilite l’accès aux zones postérieures difficiles.

Les strips manuels Orthometric s’inscrivent dans la même philosophie de contrôle et de sécurité. Leur flexibilité étudiée permet de suivre la courbure naturelle des arcades et de respecter l’anatomie radiculaire, tout en garantissant une usure régulière de la surface amélaire. Pour le praticien, disposer de ces systèmes calibrés, qu’il s’agisse d’IPR Intensiv ou de strips Orthometric, revient un peu à travailler avec une « règle graduée » intégrée à l’instrument : à chaque passage, la quantité d’émail retirée est prévisible et documentable dans le dossier patient.

Technique de stripping séquentiel avec jauges de calibrage

La technique de stripping séquentiel repose sur un principe simple : plutôt que de retirer d’emblée la totalité de l’émail prévu, on procède par petites étapes successives, en contrôlant régulièrement l’espace créé grâce à des jauges de calibrage. Concrètement, le praticien commence par ouvrir le point de contact avec un strip fin, puis alterne séquences abrasives et mesures à l’aide de jauges métalliques calibrées (0,1 mm, 0,2 mm, 0,3 mm, etc.). Cette approche limite considérablement le risque de sur-préparation et permet d’ajuster le stripping au comportement réel des dents au cours du traitement orthodontique.

Ce protocole séquentiel est particulièrement indiqué dans le cadre des aligneurs transparents, où chaque dixième de millimètre peut influencer la précision du mouvement programmée numériquement. En pratique, vous pouvez imaginer ce processus comme le réglage progressif d’une fermeture éclair : on ne force jamais d’un coup, on avance cran par cran, en vérifiant à chaque étape que tout reste bien aligné. Les jauges de calibrage jouent ici un rôle central, puisqu’elles fournissent une mesure objective de l’espace interproximal et sécurisent la réduction amélaire interproximale.

Polissage post-stripping et application de fluorure topique

Une fois la quantité d’émail souhaitée retirée, le travail n’est pas terminé : un polissage méticuleux des surfaces interproximales est indispensable. L’objectif est de transformer une surface abrasée, potentiellement rugueuse et rétentrice de plaque, en une surface lisse et brillante qui se comporte comme un émail intact. Pour cela, on utilise des strips de finition à granulométrie très fine, des gommes de polissage sur contre-angle ou encore des disques souples en caoutchouc abrasif. Ce polissage post-stripping améliore immédiatement le confort du patient et réduit les risques d’irritation gingivale.

Dans un second temps, l’application d’un fluorure topique (gel, vernis ou mousse) permet de renforcer la surface amélaire fraîchement exposée. Le fluor favorise la reminéralisation des micro-défauts superficiels et augmente la résistance de l’émail aux attaques acides. De nombreux praticiens recommandent également des bains de bouche fluorés à domicile pendant une à deux semaines, ainsi qu’un dentifrice haute teneur en fluor. Cette phase de sécurisation biologique complète le protocole de réduction amélaire interproximale et contribue à préserver la santé dentaire à long terme.

Quantification de l’espace gagné par site interproximal

Pour intégrer le stripping dentaire dans un plan de traitement orthodontique, il est essentiel de quantifier avec précision l’espace que l’on peut raisonnablement espérer obtenir. Cette quantification permet de décider s’il est possible d’éviter des extractions, de déterminer la répartition idéale de la réduction amélaire et de programmer les mouvements dentaires dans les logiciels de planification numérique. En d’autres termes, mesurer l’espace gagné par site interproximal, c’est fournir au traitement une base mathématique solide plutôt que de se fier à des estimations approximatives.

Calcul de la réduction amélaire maximale par dent selon sheridan

Les travaux du Dr T. Sheridan ont largement contribué à formaliser la notion de réduction amélaire maximale par dent. Selon ses recherches, il est possible, dans des conditions de sécurité biologiques, de retirer jusqu’à 0,25 mm d’émail par face proximale sur les dents antérieures et jusqu’à 0,3 mm sur les dents postérieures, soit environ 0,5 à 0,6 mm par dent en tout. En extrapolant ces chiffres à une arcade complète, on peut ainsi obtenir entre 6 et 8 mm d’espace, ce qui suffit dans de nombreux cas d’encombrement modéré pour éviter les extractions.

En pratique, le calcul de la réduction amélaire interproximale s’effectue dent par dent, en tenant compte de la forme coronaire, de la largeur initiale et de la qualité de l’émail. Le clinicien peut s’aider de mesures digitales sur les modèles 3D, de calibres de précision ou des mesures fournies par le logiciel de planification orthodontique. L’idée est de considérer chaque surface proximale comme une « réserve d’espace » limitée, dont on ne débitera qu’une fraction raisonnable. Cette approche quantitative, inspirée des travaux de Sheridan, offre au stripping dentaire un cadre scientifique rassurant pour le praticien comme pour le patient.

Distribution du stripping sur l’arcade maxillaire et mandibulaire

La manière dont l’espace est distribué entre l’arcade maxillaire et l’arcade mandibulaire a un impact majeur sur l’occlusion finale. Il ne suffit pas de « créer de la place » : encore faut-il que cette place soit répartie harmonieusement pour respecter les rapports de Classe I, les guidages incisifs et canins, ainsi que la coordination transversale des arcades. En général, la réduction amélaire interproximale est légèrement plus importante à la mandibule, où les incisives sont souvent plus encombrées et plus triangulaires. Toutefois, chaque cas doit être individualisé en fonction de la discrepance de Bolton et de la forme des arcades.

On peut comparer cette distribution à l’art de réaménager un appartement surchargé : il ne suffit pas de pousser les meubles au hasard, il faut planifier où l’on gagne de la place pour que la circulation reste fluide. De la même manière, le clinicien décide quels secteurs (antérieur, prémolaire, molaire) fourniront l’essentiel de l’espace, et dans quelles proportions, afin de préserver la stabilité de l’occlusion. Les logiciels de planification numérique offrent aujourd’hui la possibilité de simuler différentes répartitions de stripping sur les deux arcades et d’en visualiser l’impact sur le surplomb horizontal et vertical, ce qui constitue une aide précieuse dans la prise de décision.

Stripping antérieur versus postérieur en orthodontie invisalign

Dans le cadre des traitements par aligneurs type Invisalign, la distinction entre stripping antérieur et stripping postérieur est particulièrement pertinente. Le stripping antérieur, réalisé au niveau des incisives et canines, est principalement motivé par des considérations esthétiques et de correction de chevauchements visibles. Il permet également de gérer les triangles noirs et d’optimiser le recouvrement incisif. Cependant, un excès de réduction antérieure peut modifier la ligne du sourire et doit donc être planifié avec parcimonie.

Le stripping postérieur, au niveau des prémolaires et molaires, vise davantage à redistribuer l’espace sur l’ensemble de l’arcade et à contrôler l’angulation des dents supports de l’occlusion. Dans un protocole Invisalign, il est fréquent d’associer un stripping postérieur modéré à des mouvements d’expansion contrôlée, ce qui permet d’obtenir un arc dentaire plus large sans compromettre la stabilité. Le logiciel ClinCheck Pro indique la quantité de réduction amélaire interproximale prévue à chaque site et à chaque étape, ce qui aide le praticien à décider s’il convient de privilégier l’antérieur, le postérieur ou une combinaison des deux.

Stripping dans le cadre du traitement par aligneurs transparents

L’essor des aligneurs transparents a redonné au stripping dentaire une place centrale dans la gestion de l’espace orthodontique. Contrairement aux brackets conventionnels, les aligneurs nécessitent une précision millimétrique dans la programmation des mouvements et dans la création d’espace, sous peine de pertes d’alignement ou de non-engagement des gouttières. La réduction amélaire interproximale s’intègre ici comme un véritable paramètre numérique, planifié en amont et exécuté au moment opportun pour accompagner les déplacements dentaires.

Planification numérique du stripping sur ClinCheck pro

Avec des plateformes comme ClinCheck Pro (Invisalign) ou d’autres logiciels d’aligneurs, le stripping est planifié directement sur le modèle 3D virtuel du patient. Le praticien définit la quantité d’IPR (Interproximal Reduction) souhaitée à chaque site, généralement en dixièmes de millimètre, et le logiciel répartit ces réductions sur les différentes étapes du traitement. Vous visualisez alors, sur l’écran, les espaces interdentaires se créer progressivement au fil des changements d’aligneurs, ce qui facilite la communication avec le patient et la validation du plan de traitement.

Cette planification numérique présente un double avantage. D’une part, elle permet de vérifier la cohérence globale entre l’espace créé, les mouvements programmés et l’occlusion finale. D’autre part, elle fournit une feuille de route claire pour les séances cliniques : vous savez précisément à quelle étape réaliser le stripping dentaire, sur quelles dents et dans quelles proportions. Il reste bien sûr indispensable de confronter cette simulation virtuelle à la réalité clinique, car la réponse biologique du patient peut nécessiter des ajustements en cours de route.

Timing optimal du stripping durant le protocole invisalign

Le moment choisi pour réaliser le stripping dentaire dans un traitement Invisalign conditionne en grande partie la qualité de l’engagement des aligneurs et la précision des mouvements. De manière générale, on évite de réaliser toute la réduction amélaire dès la première étape, au risque de créer des espaces non contrôlés et inesthétiques. À l’inverse, un stripping trop tardif peut empêcher les dents de se déplacer comme prévu, entraînant des écarts entre la simulation ClinCheck et la situation réelle.

La plupart des cliniciens privilégient un stripping progressif, réalisé à partir du moment où les dents commencent à se désencombrer et où les points de contact deviennent accessibles. Cela correspond souvent aux étapes 3 à 6 d’un protocole standard, mais la chronologie exacte dépend de chaque cas. On peut comparer ce timing à l’art de tailler une haie en croissance : intervenir trop tôt ne sert à rien, mais attendre trop tard complique la mise en forme. En orthodontie par aligneurs, le bon timing du stripping permet de guider les mouvements dentaires dans un couloir d’espace parfaitement maîtrisé.

Stripping programmé versus stripping complémentaire en refinement

Malgré une planification minutieuse, il n’est pas rare qu’un traitement par aligneurs nécessite un refinement (phase de finition) pour corriger de légères discordances entre le résultat attendu et le résultat obtenu. Dans ce contexte, le stripping dentaire peut intervenir de deux façons : soit il a été programmé dès le plan initial, soit il est ajouté de manière complémentaire lors du refinement. Le stripping programmé fait partie intégrante de la stratégie de gain d’espace, tandis que le stripping complémentaire vise à résoudre des détails d’occlusion ou des contacts interdentaires résiduels.

Par exemple, si certaines dents restent légèrement tournées ou si des triangles noirs apparaissent une fois l’alignement obtenu, une réduction amélaire interproximale ciblée peut être proposée lors du refinement pour peaufiner le résultat. L’important est de documenter chaque geste supplémentaire, afin de ne pas dépasser la quantité d’émail maximale recommandée par dent. En pratique, cette approche par paliers, associant stripping programmé et éventuel stripping de finition, permet d’obtenir un sourire plus harmonieux tout en respectant les contraintes biologiques.

Risques et considérations biologiques du stripping dentaire

Comme toute procédure intervenant sur les tissus durs de la dent, le stripping dentaire doit être envisagé avec une compréhension fine de ses implications biologiques. Bien réalisé, il est considéré comme sûr et prédictible, avec un taux de complications très faible rapporté dans la littérature. Mal indiqué ou pratiqué de manière excessive, il peut cependant entraîner sensibilité, inconfort ou surcharge fonctionnelle. Il est donc essentiel de connaître les principaux risques potentiels et les protocoles permettant de les prévenir ou de les gérer.

Impact sur la sensibilité dentaire et l’intégrité pulpaire

La réduction amélaire interproximale s’effectue exclusivement dans l’émail, un tissu minéralisé dépourvu de fibres nerveuses. Théoriquement, elle ne devrait donc pas provoquer de douleur directe. Dans la pratique, certains patients rapportent une sensibilité transitoire au froid ou au contact mécanique dans les jours qui suivent la séance, en particulier lorsque la zone réduite se situe proche du collet dentaire. Cette sensibilité est généralement modérée et disparaît spontanément après quelques jours à quelques semaines.

Les études histologiques montrent que, lorsque les limites de réduction sont respectées, l’intégrité pulpaire n’est pas compromise et il n’y a pas de modification significative de la vitalité dentaire. Le risque d’atteinte pulpaire augmente en revanche en cas de stripping excessif sur des dents présentant déjà une usure importante ou une chambre pulpaire volumineuse (chez le jeune patient par exemple). D’où l’importance d’une évaluation radiographique préalable et, si besoin, d’une adaptation de la quantité d’émail retirée en fonction de l’âge et du contexte clinique. Des dentifrices désensibilisants à base de nitrate de potassium ou d’arginine peuvent être prescrits pour améliorer le confort des patients sensibles.

Risque carieux post-stripping et protocole de reminéralisation

Une question revient souvent : le stripping dentaire augmente-t-il le risque de caries ? Les données scientifiques disponibles indiquent qu’en respectant une réduction modérée et en réalisant un polissage soigneux, il n’y a pas d’augmentation significative de l’incidence carieuse sur les faces interproximales traitées. La surface amélaire reste continue et peut même devenir plus facile à nettoyer lorsque les dents, auparavant chevauchées, sont réalignées. Autrement dit, la qualité de l’hygiène bucco-dentaire reste le principal déterminant du risque carieux après réduction amélaire interproximale.

Pour sécuriser encore davantage cette phase, les praticiens mettent en place un véritable protocole de reminéralisation. Celui-ci comprend l’application au fauteuil d’un vernis fluoré ou d’un gel de fluorure de sodium à haute concentration, suivie de recommandations à domicile : utilisation de dentifrices haute teneur en fluor (1 450 ppm ou plus selon les cas), bains de bouche fluorés pendant une à deux semaines et brossage méticuleux avec brossettes interdentaires adaptées. On peut comparer cette phase à la consolidation d’un ouvrage fraîchement taillé dans la pierre : l’application de fluor revient à renforcer la surface nouvellement exposée pour la rendre plus résistante aux agressions du temps.

Gestion de la récession gingivale et des triangles noirs interdentaires

La récession gingivale et l’apparition de triangles noirs interdentaires sont des préoccupations esthétiques majeures chez l’adulte. Le stripping dentaire, bien conduit, peut au contraire contribuer à réduire ces défauts visuels plutôt qu’à les aggraver. En modifiant légèrement la forme des dents triangulaires, on densifie les points de contact et on permet à la papille gingivale de mieux combler l’espace. Plusieurs études cliniques ont montré que l’IPR, associée à un alignement soigné, pouvait diminuer significativement la visibilité des triangles noirs dans la zone esthétique.

Cependant, en présence d’une récession gingivale avancée ou d’un biotype gingival très fin, il convient d’être particulièrement prudent. La réduction amélaire interproximale ne doit jamais être réalisée au détriment du support parodontal déjà fragilisé. Une évaluation parodontale préalable est donc indispensable, avec sondage et, si besoin, prise en charge des poches avant toute initiative orthodontique. Dans certains cas, le stripping sera limité, voire contre-indiqué, et d’autres solutions esthétiques (restaurations composites, chirurgie plastique parodontale) seront proposées en complément ou en alternative.

Alternatives au stripping pour gagner de l’espace orthodontique

Si le stripping dentaire offre une solution douce et conservatrice pour libérer de l’espace, il ne constitue pas l’unique option à la disposition de l’orthodontiste. Selon la sévérité de l’encombrement, l’âge du patient, le biotype squelettique et les objectifs esthétiques, d’autres stratégies peuvent être privilégiées ou combinées à la réduction amélaire interproximale. Connaître ces alternatives permet de mieux comprendre pourquoi votre praticien vous propose un stripping, ou au contraire, pourquoi il recommande une autre approche.

Parmi les alternatives les plus courantes, on retrouve :

  • L’expansion des arcades dentaires, par aligneurs ou appareils fixes, qui augmente le périmètre de l’arcade et crée de l’espace sans toucher à l’émail ;
  • La protrusion contrôlée des incisives, qui consiste à avancer légèrement les dents antérieures lorsque la lèvre et le profil le permettent ;
  • Les extractions stratégiques (généralement prémolaires) dans les cas d’encombrement sévère ou de déséquilibre squelettique important.

L’expansion dentaire est souvent privilégiée chez le jeune patient, chez qui les structures osseuses sont plus malléables. Elle permet d’élargir le sourire et d’améliorer le support labial, mais doit rester dans des limites biologiques raisonnables pour ne pas compromettre la stabilité à long terme. La protrusion incisive, quant à elle, peut être une excellente option lorsque le patient présente un profil rétrusif ou un manque de support labial, mais elle est à éviter en cas de profil déjà convexe ou de risque parodontal accru. Enfin, les extractions restent une solution incontournable dans certains cas complexes, notamment lorsqu’il faut à la fois corriger l’encombrement, rétracter les incisives et harmoniser le profil facial. Dans ces scénarios, le stripping dentaire ne suffirait pas à lui seul et serait utilisé, au mieux, comme complément de finition.